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TEXT       WORKS        BIO

What can be common point between Jules Verne, Eric Rohmer, a souvenir shop and beach items stashed under the pergola built by Robert Mallet-Stevens in 1927 in St. Jean de Luz and the work of Dimitri Mallet? The green flash [1] ! This is fleeting vision, unique and exceptional experience that imbue you with patient or let you run without hesitations. What is it like? Perhaps, some apprehension of reality, the simple attempt of understanding notion of time in physical, spatial, temporal, cerebral senses and even the notion of changing weather, which we have been escaping up to now; or even also an absolute experience.
Like time visualized through the cosmic series « Vanished Stars » [2], we keep seeing the shine of the stars in the moment, when they have already disappeared. Appeared, already extinguished. And move it to the machine to see if the original colors can come back, will nothing change. The units of measurement, formulas, calculations and especially its theories, some of which were once considered as inviolable, that’s exactly what attracts and retains the artist’s attention. And what surprise more then, to discover before even pass through the first lines of Paul Zumthor « World Measures » [3] – reference book in the artist’s bibliography – that this essay was published in the poetic collection. Thus, there will be no sundials, hourglasses, calendars or other clocks among his works but new measures of world (s) developed through lively and colorful actions, following the prolonged silences in front of the blue hour [4], climate predictions that change the sensitivity of his monochrome paintings [5], windows [6], (scientific) breaths! One of his first realizations – entitled « Breathing Big Top », decided in accordance with Jeppe Hein invitation – besides already evoked this omnipoetry of the moment. « In one of the scenes [7], a young child hears a noise outside his bedroom. He rushes to the window, pushes the shutters wide open and discovers a circus big top being set up on the village square. The canvas rises thanks to the efforts of the men who are hoisting it aloft. In this short scene the circus big top seems to come to life ». So we are also alive now, let’s follow Jean Seberg breathing the day [8].

Arlène Berceliot Courtin, January 2016

 

[1] The Green Ray (Lunar), 2016, project in progress, novel, library, chairs.
       The Green Ray (Solar), 2015, photocopier, sensors.

[2] Vanished Stars, 2015, digital prints pasted on sandwich panel, variable dimensions.

[3] World Measures, Representation of Space in the Middle Ages, Paul Zumthor, Edition Seuil, October 1993.

[4] Blue Hour, 2015, painting, home automation system, sensors, variable dimensions.

[5] Sensitive Paintings, 2013, thermochromic painting on canvas, variable dimensions.

[6] Predictive Curtains, Paris 2014, dyed fabric, variable dimensions.

[7] I clowns (The Clowns), Federico Fellini, 1970, 2h.

[8] Bonjour Tristesse, Otto Preminger, 1958, 1h34.

 


 

Quel pourrait être le point commun entre Jules Verne, Eric Rohmer, un magasin de souvenirs et articles de plage planqué sous la Pergola construite par Robert Mallet-Stevens en 1927 à Saint-Jean de Luz et le travail de Dimitri Mallet ? Le rayon vert [9] ! Cette vision fugace, expérience unique, inégalable après laquelle on patiente et court sans hésiter. Que représente-t-il-exactement ? Peut-être, une certaine appréhension du réel, la simple tentative de compréhension d’un temps physique, spatial, temporel, cérébral et même météorologique différent et auquel nous avions vraisemblablement échappé jusque-là; ou encore une expérience absolue.
À l’image du temps matérialisé via la série cosmique des « Vanished Stars » [10] et pour laquelle les étoiles éteintes mais dont la brillance nous parvient toujours ont disparues. Apparu, déjà suspendu. Et, le passer à la machine pour voir si les couleurs d’origine peuvent revenir, n’y changera rien. L’unité de(s) mesure(s), les formules, les calculs et surtout leurs théorisations dont certaines furent jadis considérées comme indéfectibles, voilà exactement ce qui attire et retient l’attention de l’artiste. Et quoi de moins étonnant alors, que de découvrir avant même d’avoir parcouru les premières lignes de « La mesure du Monde » [11] de Paul Zumthor – ouvrage de référence dans la bibliographie de l’artiste – que cet essai fût publié dans la collection poétique. Ainsi, il n’y aura pas de cadrans solaires, sabliers, calendriers ou horloges à gogo parmi ses oeuvres mais plutôt de nouvelles mesures du monde(s) développées au travers de manifestations vives et colorées, suite aux silences prolongés face à l’heure bleue [12], aux prédictions climatiques faisant changer la sensibilité et chromie des toiles [13], des fenêtres [14], des respirations – scientifiques – en somme ! Une de ses premières réalisations – intitulée « Breathing Big Top » et conçue sur une invitation de Jeppe Hein – évoquait d’ailleurs déjà cette omnipoésie de l’instant. « Dans une scène du film [15], un jeune enfant entend du bruit à l’extérieur de sa chambre, il se précipite à la fenêtre, ouvre les volets et découvre un chapiteau de cirque en cours d’installation. La toile bouge sous les efforts des hommes qui la hissent. Dans cette courte scène, le chapiteau de cirque est véritablement incarné, il semble vivant ». Alors, nous aussi soyons vivants, suivons à présent Jean Seberg et allons respirer le jour [16].

Arlène Berceliot Courtin, January 2016

 

[9] Le Rayon vert (Lunaire), 2016, projet en cours, roman, bibliothèque, chaises.
      Le Rayon vert (Solaire) , 2015, photocopieur, capteurs.

[10] Vanished Stars , 2015, impressions numériques contrecollées sur dibond, dimensions variables.

[11] La Mesure du Monde, Représentation de l’Espace au Moyen Âge , Paul Zumthor, Éditions du Seuil, Octobre 1993.

[12] Blue Hour , 2015, peinture, installation domotique, capteurs, dimensions variables.

[13] Sensitive Paintings , 2013, peinture thermochrome sur toile, dimensions variables.

[14] Predictive Curtains , Paris 2014, Tissus teinté, dimensions variables.

[15] Les Clowns , Federico Fellini, 2h, sorti en salles en 1971.

[16] Bonjour Tristesse , Otto Preminger, 1h34, sorti en salles en 1958.