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Cecile Bart’s “screens/paintings” are passages, zones where instantaneous encounters can take place, the crossing of mobile elements. It equates unequatable things: the membrane of the eyes with what lies outside of it, the angular geometry of the frame—that of the screen and that of the architecture—at the touch of the light’s vaporising effect. In this work, perception becomes a new ordination of things and of the world, elaborating in a flirtation, a dance, constantly renewed with the emptiness, the air, the “environment”.

In the dramatic art of the window, Bart has retained from Cézanne’s teachings the desire to “make visible the organising activity of perception”. Here the pictorial world intersects with that of cinema, through the metaphor of the screen as a surface for inscribing, diffracting and delaying a desire that never reaches its object. Whether suspended in empty space or attached to the walls, whether multiplied or isolated, the screens loom up as if to reveal the surrounding space, which they simultaneously concentrate and filter, requiring constant adjustments of the eyes and body. Cecile Bart’s works also play on the obliteration of subjectivity, the painting being applied mechanically, when the sensual materiality of the fabric acts as an epidermis, an architectural over-skin working in terms of lightness, of “flirtation”, but also of the threat of dissolution. From building techniques, her work also borrows matt surfaces, sharp contours and a kind of systematic modularity. The production protocol—a Terylene canvas is coated in paint, then brushed and aired before being stretched on a metallic frame—though repeated over time, constantly replays its effect.


Cécile Bart a fait ses études à l’École nationale des beaux-arts de Dijon et expose depuis 1987. Elle vit et travaille à Marsannay-la-Côte, en Bourgogne.

Cécile Bart poursuit une œuvre singulière qui met en scène tour à tour, la peinture, le jeu entre sa profondeur et sa surface, sa modulation par la lumière, le tableau comme écran, le regard et la place du spectateur. Ces dernières années, elle a considérablement élargi la palette de ses moyens d’intervention, tout en conservant l’outil d’investigation qu’elle avait mis au point dans la seconde moitié des années 1980.
Les peintures/écrans – du Tergal « Plein-jour », peint et essuyé de telle façon qu’il conserve une relative transparence, puis transféré sur un châssis métallique – furent donc ce premier « outil » : c’était inventer une peinture qui laisse voir l’espace environnant, une peinture de situation, confrontée à la lumière du lieu qui l’accueille, à son ambiance, mais aussi et surtout au regard du spectateur.
Les peintures/écrans peuvent « à la limite » être accrochées au mur ; elles sont alors nommées tableaux. En position marginale dans l’œuvre de Cécile Bart, ceux-ci semblent vouloir y former comme un point de raccordement avec la peinture (de chevalet !) et son histoire classique.
Les peintures/collages, elles, sont faites du même tissu, peintes de la même manière, mais directement marouflées sur le mur ou sur un support. Là où les peintures/écrans manifestent une proximité avec l’architecture intérieure et l’histoire de l’environnement dans l’art contemporain, elles explorent davantage les registres du « décoratif ».
Chaque peinture est également l’occasion de réaliser des échantillons, dont l’ensemble forme un copieux nuancier. Ce sont des carrés de 90 x 90 cm, qui peuvent être disposés au sol en superpositions, ou dont la présentation individuelle, au mur, est laissée libre.
L’utilisation de fils de laine et de coton de couleur, tendus verticalement, a enrichi la palette de ces premiers « outils » optiques. Ces lisses jouent tout autant avec la multiplication des effets de profondeur, d’angles de vue, de changements de nuances et de couleurs, de modulation de la lumière.
La plupart des travaux de Cécile Bart requièrent la lumière du jour pour être vus dans de bonnes conditions. Exception à cette règle, les projections d’ombres et de lumières, en lien ou non avec des écrans peints, acceptent, elles, la pénombre, et renouent avec la fantasmagorie.
Chaque type d’œuvre, chaque exposition de Cécile Bart se propose donc comme une expérience à vivre dans une certaine durée, différente pour chacun des visiteurs.
« … Le spectateur que suggèrent les œuvres de Cécile Bart n’est pas le spectateur statique et passif de la scène. Il est un corps et un esprit en mouvement, qui appréhende, par la vision, des objets – séparément et en lien les uns avec les autres – en même temps qu’il est imperceptiblement transformé par ces objets. » (Éric de Chassey).
« Ce qui m’intéresse c’est comment ça regarde, comment circule le regard, où se trouve le spectateur, quelle est sa position et quel regard il porte aux choses et au monde. Tout une affaire de distance entre les êtres et les choses. » (Cécile Bart)
Cécile Bart invite donc aux mouvements, aux déplacements latéraux, aux panoramiques, au jeu avec la profondeur de champ, bref aux effets de caméra. C’est que de façon discrète et paradoxale, mais néanmoins profonde, son art est en effet nourri de cinéma. Elle s’est expliquée à plusieurs reprises sur ce « cinéma in situ et en temps réel ».

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